21.01.2008

RETRAITE DES PILOTES DANS LE FIGARO

Les commentaires vont "bon train" suite à l'article publié dans le FIGARO "l'éxil doré des Pilotes de 60 ans".

Ils vont dans le sens du débat que nous avons ouvert sur notre site AIRUMP.

Notre délégation Air UMP rencontrera prochainement les Organisations Professionnelles sur ce dossier.

Pour l'instant place aux commentaires et au débat.

19/01/2008 16:07
ex-cdb AOM : la faute aux USA
Thierry Vigoureux a oublié de rappeler dans son très bon article que ce sont les américains qui ont imposés la retraite à 60 ans, interdisant même le survol de leur pays par des commandants de plus de 60 ans. Il me semble qu'à AF, il était possible de dépasser cet âge mais comme copilote ou comme mécano, il en existait encore à l'époque.
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19/01/2008 09:11
PNT65 : Un engagement, une réalité
Le candidat à la Présidence de la république l'a dit "il faut inciter ceux qui veulent travailler plus longtemps à le faire". Le Gouvernement est également sur la même voie et ce, depuis les premières lois portant sur les retraites de Monsieur Fillon en 2003.

A présent, une réalité: la Caisse de retraite des navigants (Hôtesses et Pilotes) a versé 366 Millions d'euros en pension et affiche un déficit de 93 Millions d'euros. En 1995 on avait 3 cotisants pour un retraité chez les navigants. En 2005 on a 2 cotisants pour un retraité et en 2015 on aura 3 cotisants pour 2 retraités. Il n'y a aucune autre solution que de laisser ceux qui veulent continuer à travailler et donc à cotiser le faire sur la seule base du volontariat.

C'est seulement si on laisse continuer certains que d'autres auront alors la possibilité de pouvoir arrêter plus tôt. C'est là la vraie liberté.
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18/01/2008 22:53
jojo retraité : Limite a 60 ans en 1995 ?
Avant 1995, les pilotes AF étaient limités a 60 ans par la directive OACI ( la voix des USA). Les pilotes IT pouvaient voler au dela de 60 si ils restaient sur le territoire français.

Depuis, la directive OACI a sauté... (toujours la voix des USA) Mais cela n'a rien à voir avec la fusion AF/IT.
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18/01/2008 17:15
daxois : retraite
par contre nelaiisser pas croire que les pilotes cumulent leur nouveau salaire et la retraite crpn si ils travaillent ailleurs comme pilote ils ne peuvent toucher leur retraite crpn c'est illégal
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18/01/2008 16:33
Icarius : Lobying...
Une fois de plus une information parcellaire et plein e de lobying...

Où sont les tenants de la retraite à 60 ans, autre que "les jeunes qui veulent passer commandant de bord plus vite? " C'est ridicule... Le maintien de la retraite à 60 ans est avant tout lié aux difficultés physiologiques. passer la nuit en vol à 65 ans est un exercice plus que douteux... Cessons d faire croire que tout vient d'une fusion vieille de plus de 10 ans. Ceux qui veulent continuer à bosser ne le souhaitent que pour des raisons financières. Malheureusement pour eux, il faut savoir raccrocher un jour.
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18/01/2008 15:16
CDB 747 : Les faits, rien que les faits !
C'est article est encore un bel exemple de bourrage de crâne voire de désinformation : étant personnelement concerné, mon indemnité de mise à la retraite en janvier 2002 a été de 66 442,46EUR, ni plus ni moins, avec 31 ans à Air France et au sommet de l'échelle depuis 10 ans. On est très loin des 120 000 à 200 000 euros annoncés, par un certain François qui ne semble de plus ne pas savoir que l'indemnité est plafonnée à 3 mois et quelques de salaire. Après discussions et vérifications en interne, mon indemnité a été du même ordre de grandeur que celle de mes collègues partant vers la même époque.
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18/01/2008 14:33
Cockpit : Les réalités
En France, on marche sur la tête. Les pilotes aussi. A l'époque des retraites difficiles, cette catégorie souhaite pouvoir continuer à travailler jusqu'à 65 ans, uniquement sous le régime du volontariat et une caste de syndicalistes corporatistes privilégiés l'interdit. Au risque de favoriser la concurrence et de restreindre la croissance de la compagnie nationale, donc les carrières des futurs jeunes pilotes. Allons, messieurs du SNPL Air France, revenez aux réalités.
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18/01/2008 14:23
Damocles : licenciement sans cause réelle et sérieuse a 60 ans en fev 2006
après 8 LAR de demande reclassement au sol sans réponse de nos grands directeurs largement sexagénaires d Air France; je suis en proces aux prud' hommes de Bobigny , pour licenciement abusif; compte rendu d audience le 12 mars 2008...j irai jusqu en cassation s il le faut;( j ai un enfant adulte handicape de 30 ans)

Le SNPL trompent ses adhérents en faisant du lobbysme contre le déplafonnement a 65 ans; il a signe une convention collective avec AF en mai 2006 qui prevoit que l age de cessation d activité en tant que navigant, qui est a la de la date de la signature de la convention de 60 ans, est fixée par l article l421.9 du code de l Aviation Civile..

c est a dire un vote de l assemblée Nationale confirme par le Senat peut des demain modifier cet article

Ce n est pas la peine de menacer de faire grève: vous avez trompe vos adhérents

cet article sera remis ce soir 18 au Ministre Eric Woerth lors de la cérémonie des voeux a l UMP de l oise

les 40 annuités des fonctionnaires c est de la provocation, a cote de ce scandale!
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18/01/2008 13:54
Serge : comme toujours...
Comme toujours, la raideur des acquis verrouille le dynamisme. La fusion AF et AI a été effectuée sur la base du moins disant (celle du plus favorisé). Le résultat est maintenant visible. Des compétences couteuses (la formation et le maintient à niveau d'un pilote de ligne est très onéreuse), des professionnels dynamiques, et des capacités de travail actualisées sont purement et simplement passées par pertes et profits. Il aurait simplement suffit de laisser les intervenants se déterminer eux-mêmes, et le tour était joué. Quand une politique veut tout régenter on en arrive à ce genre de gâchis, c'est ce qu'il faut noter.
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18/01/2008 12:14
Commandant Bournin : Les pilotes de heavy : une denrée rare !
Effectivement l'empressement français à se débarasser des pilotes les plus expérimentés fournit à de nombreuses "jeunes" compagnies une main d'oeuvre dont elles peuvent disposer en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Une situation dont ne bénéficie malheureusement pas le Personnel Navigant Commercial, dont la qualification est rapidement égalable par un staff local et motivé
18/01/2008 12:13
airpaulo : Pays phares.
Je m'étonne qu'en matière d'age de départ à la retraite des pilotes de ligne, la France s'alligne sur les deux derniers pays phares maintenant la limite à 60 ans, que sont la Colombie et l'Afganistan. Ce peut-il que que les autres pays se trompent en confiant à de "vieux" pilotes de plus de 60 ans les commandes des appareils sur les quels ils sont qualifiés?

Je pense que le syndicat le plus réfractaire à un déplafonnement (SNPL Air France)n'a pas forcement une vue globale de la situation. Peut-être a-t-il du mal à envisager que d'autres pilotes ont eu des carrières difficiles ( chaumage du à l'absence de recrutement pendant les années 70/80 par exemple ),et que quelques cotisations supplémentaires seraient les bienvenues tant pour eux que pour la caisse de retraite.

Soulignons, également, que l'effet "babyboom" provoque depuis ces dernières années, une vague considérable de départs forcés qui a pour conséquence de priver les compagnies Françaises de leurs pilotes les plus expérimentés. Certes la formation des PNT est de très bonne qualité mais elle se doit d'être validée par l'expérience des ainés.

Pour ma part et pour conclure, je pense, comme nombre de mes collègues, que la France devra s'alligner sur la directive européenne et permettre à ses pilotes de poursuivre leur carrière jusqu'à 65 ans tout en leur ménageant la possibilité de partir avant, comme c'est le cas aujourd'hui. Chaque pilote peut prétendre à prendre sa retraite dès lors qu'il a 50 ans et 15 ans de cotisations.
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18/01/2008 10:00
Chanda : un peu de souplesse
Je suis étonnée que l'on stimule tous les autres salariés à prolonger leur activité professionnelle après 60 ans. S'ils sont en grande forme. Il y a peut-être des amménagements de rythme et financier mais pourquoi les laisser partir à l'étranger ? surtout qu'il semble que la relève n'est pas tout à fait assurré. C'est je crois important de garder ceux qui peuvent faire marcher l'économie. Nous récupérons les médecins étrangers et en laissons partir beaucoup d'autres!
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18.01.2008

Article du Figaro sur les retraites PNT

Des retraités d'Air France travaillent au Moyen-Orient et en Asie et cumulent une pension et un salaire, ce qui est interdit.

Pilote de ligne de 60 ans, François vient d'assister à une «journée Rish­worth Aviatio» dans un grand hôtel parisien. Ce cabinet de recrutement suédois est mandaté par les nouvelles compagnies indiennes et asiatiques pour recruter des navigants. Une cinquantaine de sociétés de chasseurs de têtes se disputent dans le monde le marché des pilotes qualifiés. Elles touchent en honoraires l'équivalent de six mois de salaire par candidat recruté très souvent plus de 10 000 dollars (plus de 6 700 euros) par mois. François a quitté Air France, atteint par la limite d'âge fixé par le Code français de l'aviation civile. «Je viens de signer avec un transporteur du Moyen-Orient qui va mettre en ligne les mêmes avions qu'Air France. Cela lui évite des coûts de formation, explique François. Mais, en attendant que les appareils soient livrés par Airbus et Boeing, je suis sous-loué à une compagnie low-cost européenne avec laquelle je n'ai aucun contrat de travail. C'est important de ne pas s'arrêter de piloter plus de quelques semaines. Sinon, on est retoqué au premier contrôle au simulateur.»

Un millier de pilotes

 

Son salaire 7 000 euros par mois est peu élevé selon les critères de la profession, mais il est net d'impôts prélevés à la source. François touche aussi des indemnités de logement. Il va toutefois devoir travailler plus car le rythme est élevé dans une compagnie à bas coût. Les pilotes arrivent vite aux limites réglementaires de 95 heures par mois ou de 900 heures par an. « C'est moins “cool” que les 75 heures mensuelles d'Air France », observe François.

Cet exil des pilotes est significatif. Chasseur de têtes, ancien commandant de bord, Jean-Michel Renaudin estime que, sur les 500 départs annuels en retraite des navigants français, 10 à 15 % d'entre eux souhaitent poursuivre leur activité ailleurs. Faute de statistique officielle, les experts assurent que 10 % des pilotes, soit un petit millier, continuent de travailler après 60 ans en s'expatriant. Le règlement de la caisse de retraite interdit certes de cumuler une pension et un salaire mais effectuer des contrôles à l'étranger est difficile.

Cette situation bénéficie aux pays du Golfe et d'Asie. Etihad, la nouvelle compagnie d'Abu Dhabi, emploie aujourd'hui un peu moins de 10 % de pilotes français. « Nous récupérerons de plus en plus d'équipages français », témoigne Jean-Luc Grillet, directeur d'Emirates à Paris. La compagnie de Dubaï et ses consœurs du Moyen-Orient, les sociétés indiennes Jet Airways et Kingfisher, les transporteurs asiatiques bénéficient ainsi d'un réservoir de personnels navigants très expérimentés qu'elles n'ont pas besoin de former.

Indemnité de départ

 

Car travailler au-delà de 60 ans est impossible pour un pilote de ligne français s'il ne s'exile pas. Le Code de l'aviation civile lui interdit de pousser jusqu'à 65 ans même s'il est en grande forme physique. En effet, l'âge de la retraite pour l'ensemble des pilotes du transport aérien public français a été fixé à 60 ans en 1995 pour faciliter la fusion Air France-Air Inter. Cette décision a été prise pour éviter un conflit majeur. Si cette mesure n'avait pas été retenue, les collaborateurs d'Air Inter se seraient emparés de la majeure partie des postes de commandant de bord dans la nouvelle compagnie. Il s'agit d'une exception française car les réglementations européennes et internationales autorisent à voler jusqu'à 65 ans. Le Sénat américain a entériné fin décembre l'âge de 65 ans. Une décision rendue immédiatement applicable par la Maison-Blanche.

« Comme tous mes collègues au même âge, j'ai reçu une lettre de rupture de contrat de travail. C'est donc un licenciement avec versement d'indemnités non imposables de quatorze mois de salaire. Soit environ 120 000 à 200 000 euros selon la fonction occupée instructeur, cadre et le dernier appareil piloté », raconte François. Ce chèque de départ est conforme au Code du travail et aux conventions collectives du transport public. Son montant est toutefois beaucoup moins élevé chez les autres compagnies françaises que chez Air France. Si les 160 trimestres d'activité nécessaires pour toucher la retraite ne sont pas acquis, les Assedic prennent le relais.

Cette situation est d'autant plus paradoxale que les dirigeants d'Air France s'inquiètent d'une prochaine pénurie de pilotes. Dans les couloirs de la cité du personnel navigant de Roissy-Charles-de-Gaulle, où passent tous les équipages pour préparer leurs vols, le personnel évoque parfois le risque dans les prochaines années de laisser des avions cloués au sol faute d'équipages. À moins que le rachat envisagé d'Alitalia ne change la donne.

Les compagnies concurrentes ne sont pas astreintes aux mêmes contraintes. Sur la même desserte Paris-Nice, le même avion Airbus A 319 que celui de la navette d'Air France, mais aux couleurs d'easyJet, peut être piloté par un sexagénaire.

Situation ubuesque

 

« La situation actuelle ne satisfait pas au moins la moitié des navigants même si certains acceptent des contrats à l'étranger comme ces offres publiées récemment par des compagnies indiennes de salaire à 14 000 dollars par mois, environ 9 500 euros », souligne Jean Serrat, commandant de bord de Boeing 747 à Corsairfly, président de l'association PNT 65 (l'abréviation de personnel navigant technique à 65 ans) qui regroupe une centaine de pilotes. Signe de l'évolution des mentalités, une proposition de loi repoussant l'âge de départ à 65 ans vient d'être déposée à l'Assemblée nationale par Georges Tron, député UMP de l'Essonne.

Le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) est partagé. Il confirme cette tendance à l'expatriation au-delà de 60 ans. « Le phénomène devrait s'amplifier au fil des ans », souligne Geoffroy Bouvet, porte-parole. Mais les dirigeants de la principale organisation syndicale de pilotes restent attachés au départ en retraite à 60 ans. Ils brandissent une menace de grève en cas de changement. « Même avec un appartement et une voiture avec chauffeur mis à disposition, ces salaires sont jugés un peu faibles par les anciens d'Air France, bien que supérieurs aux revenus versés par leurs retraites », assure un professionnel.

La population des pilotes est divisée entre les jeunes qui souhaitent devenir commandants de bord plus vite et les anciens attachés à une prolongation volontaire au-delà de 60 ans. « La position du bureau Air France du SNPL reflète les aspirations de la classe d'âge des élus », stigmatise un responsable de PNT 65.

Autre dossier sensible, l'in­demnité de départ à 60 ans, ac­tuellement défiscalisée, ne le se­rait plus s'il s'agissait d'une prime de retraite à 65 ans.

Cette dizaine de milliers d'eu­ros, défiscalisés, peut être considérée comme de l'argent de poche, tous les autres frais étant payés tandis que la retraite tombe toujours en France. Cette situation ne fait pas l'affaire de la caisse de retraite du personnel navigant. Son déficit chronique atteint 93 millions d'euros. De nombreux pilotes souhaitent donc que l'âge du départ à 60 ans reste acquis mais qu'il soit possible, sous le régime du volontariat, de continuer à prendre les commandes jusqu'à 65 ans.

En attendant une éventuelle clarification, la législation actuelle engendre des situations ubuesques comme celle de Patrick, pilote licencié avec indemnités à 60 ans par une filiale d'Air France récemment créée. « J'aime mon métier. J'ai de jeunes enfants. Je me suis donc remis sur le marché du travail. J'ai eu la surprise d'être sollicité par CityJet, une autre compagnie du groupe Air France », explique-t-il. Mais cette dernière vole sous pavillon irlandais, ce qui permet d'exercer la fonction de pilote jusqu'à 65 ans.

23.10.2007

RETRAITE PNC A 55 ANS

Vous trouverez ci-joint la lettre de l'association AVENIR NAVIGANTS, reçue par la Délégation AIRUMP, à l'attention des parlementaires.

lettre_PNC_Sénateurs_et_Députés_2.doc

20.10.2007

RETRAITE A 60 ANS : DEBAT

Bonjour à tous et  toutes,
Vous trouverez ci-dessous, un Article du Parisien d'hier concernant le travail au delà de 60 ans pour les Personnels Navigants Techniques.
Votre avis nous intéresse, il nous permettra d'élaborer un communiqué technique du pôle aérien de la Fédé UMP Transports auprès du ministre.
Ce sujet va au delà des Personnels Navigants et touche aussi les Métiers du Transport en général.
Alors n'hésitez pas à nous faire part de vos idées sur le sujet, soit en "commentaire" à cet article, soit par mail à  airump@gmail.com
A très bientôt.
Le pôle Aérien Air UMP

Le Parisien d'hier : "Les victimes des retraites forcées se rebiffent"

Jean Serrat Président de PNT 65 était venu nous exposer « les victimes de son Association» lors de notre dernière réunion à la Fédération des Métiers du Transport UMP .

Nous vous reproduisons ci-dessous l'article publié dans le Parisien d'hier.

Une Association de Pilotes et plusieurs Compagnie françaises.

Jean SERRAT, 53 ans

Président de PNT 65

  • L'Association PNT 65 (personnel navigant technique) à porté plainte le           7 juillet, avec 93 pilotes, auprès de la Commission Européenne. En ligne de mire : un règlement français qui interdit aux pilotes français de voler après         60 ans, alors que l'Organisation de l' aviation civile internationale a mis le curseur à 65 ans. Le 25 juillet dernier, le Syndicat français des compagnies aériennes autonomes s'est prononcé en faveur d'une prolongation de l'âge limite des pilotes pour voler.

Voler  jusqu'à 65 ans ?

Le débat est ouvert.

Votre avis nous intéresse.

Alors n'hésitez pas à nous le communiquer.

Cordialement

Pôle Aérien de la Fédération Professionnelle UMP des métiers des transports.

                       

21.08.2007

RETRAITE PNC A 55 ANS : débat à l'assemblée

40dc1c67206c7839f05b774711e058e0.jpgSuite à un entretien avec l'association "Avenir Navigants", le député de la 5 ième circonscription des Yvelines, M. Jacques Myard (UMP) a déposé un amendement à l'Assemblée Nationale pour faire supprimer les deux dernières phrases de l'article L421-9 du code de l'aviation civile. Les fameuses phrases qui mettent le PNC au chômage à 55 ans. Ci-dessous, un extrait des débats de la séance du jeudi 12 juillet 2007.

M. le président.
La parole est à M. Jacques Myard, pour soutenir l'amendement n°171.

M. Jacques Myard.
Madame la ministre, lors de la discussion générale, j'ai appelé votre attention sur la question du cumul entre emploi et retraite, véritable course de haies pour les jeunes retraités qui désirent travailler un jour, deux jours ou six mois dans telle ou telle entreprise et que des dispositions malthusiennes empêchent de le faire alors que l'économie nationale a besoin d'eux.
L'amendement que j'ai l'honneur de défendre devant vous a trait au personnel navigant de cabine, dont la situation est plus que paradoxale : les pilotes de ligne, c'est à dire le personnel navigant qui pilote les aéronefs peuvent, eux, travailler jusqu'à soixante ans, voire soixante-cinq ans, comme le leur permettent les recommandations de l'Organisation internationale de l'aviation civile, sous réserve naturellement de leur aptitude physique.
La loi du 27 juillet 2004 a renvoyé à un décret le régime des retraites du personnel navigant de cabine. Ces personnes sont quasiment obligées de partir en retraite à cinquante-cinq ans puisqu'elles n'ont plus la possibilité de voler. Le procédé de reclassement au sol qui leur est proposé est illusoire dans la mesure où les compagnies aériennes n'ont en général guère besoin de personnel supplémentaire au sol.
Les personnels navigants de cabine sont ainsi amenés à partir en retraite à cinquante-cinq ans. J'ajoute que la plupart d'entre eux n'ont pas réuni le nombre de points nécessaires, même s'ils sont indemnisés pendant deux ou trois ans en vertu des dispositions relatives aux cotisations sociales.
Il y a là une injustice flagrante. Ces personnes souhaitent travailler et sont souvent parfaitement aptes physiquement à effectuer leur mission en cabine. Je vous répète que les pilotes peuvent aller jusqu'à soixante ans, l'âge légal, et parfois soixante-cinq ans. C'est pourquoi je demande la suppression des deux dernières phrases de l'article L.421-9 du code de l'aviation civile.

M. le président.
La parole est à M. Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des finances, de l'économie générale et du plan, pour donner l'avis de la commission sur l'amendement n°171.

M. Gilles Carrez.
La commission a rejeté cet amendement, pour une raison générale que j'ai évoquée hier matin au début de notre discussion : elle s'est fixé pour règle de rejeter tous les amendements tendant à modifier le code du travail, comme les dispositions du code de l'aviation civile qui s'y apparentent. Cette objection s'applique donc à cet amendement.

M. Jacques Myard.
C'est un peu court !

M. le président.
La parole est à Mme la ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, pour donner l'avis du Gouvernement sur l'amendement n°171.

Mme Christine Lagarde.
Monsieur Myard, pour les mêmes raisons, le Gouvernement est défavorable à cet amendement. Permettez-moi toutefois de préciser que cette catégorie de salariés relève des questions qui seront évoquées à la rentrée lors d'une conférence relative au plan "Seniors", initié par M. Gérard Larcher et repris par M. Xavier Bertrand.

M. Jacques Myard.
J'entends bien le gouvernement, mais le temps presse ! Il y a une injustice patente à empêcher des personnes qui le souhaitent de travailler. D'un côté, les pilotes de ligne, qui ont pourtant une importante responsabilité, peuvent travailler jusqu'à soixante ans et, de l'autre, les personnels de cabine sont littéralement débarqués - c'est le cas de le dire ! - des aéronefs à cinquante-cinq ans. Le reclassement qu'on leur propose ne fonctionne pas, mais, naturellement, monsieur le rapporteur général, cela dépend du code du travail ! Je maintiens donc ma position et vous demande d'abroger cet article.
Savez-vous, monsieur le rapporteur général, ce que disait Clemenceau à propos des principes ? Qu'il fallait s'appuyer dessus jusqu'à ce qu'ils cassent ! (Sourires.) Nous devons prendre nos responsabilités et avoir le courage de modifier une loi contraire à l'intérêt de celles et de ceux qui souhaitent travailler au bénéfice de l'économie nationale.
Je maintiens donc mon amendement.

M. le président.
La parole est à M. Michel Bouvard.

M. Michel Bouvard.
Monsieur le président, l'amendement de M. Myard rejoignant la thématique du travail et des retraites, nous souhaitons nous concerter pour faire le point.
Sans vouloir retarder les travaux, je sollicite une courte suspension de séance pour réunir notre groupe.

(La séance, suspendue à neuf heures quarante, est reprise à neuf heures cinquante.)
(Mis aux voix, l'amendement n'est pas adopté.)
 


Pour lire l'amendement sur le site de l'Assemblée Nationale, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/0004/000400171.asp

Pour lire l'intégralité de la 1 ère séance du 12 juillet 2007 sur le site de l'Assemblée Nationale, veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2006-2007-extra/20071008.asp#P73_4704


19.08.2007

RETRAITE PNT A 65 ANS : INTERVIEW DE PNT65

Bonjour à toutes et à tous,
Tout d'abord un grand merci à tous les internautes qui participent au débat "Retraite avant, jusqu'à ou après 60 ans dans les métiers du transport" lancé sur notre site WWW.AIRUMP.COM .
Comme vous avez pu le constater, concernant les Personnels Navigants Techniques, les avis sont partagés et les arguments ne manquent pas. Vous les retrouverez tous en commentaires de l'article sur les retraites sur notre site.
C'est pourquoi nous avons pris l'initiative d'aller à la rencontre de Jean Serrat (Représentant de l'Association PNT 65) et de vous transmettre dans son intégralité l'interview qu'il a bien voulu nous accorder.
Pour AIRUMP, c'est une première et nous remercions Mr Serrat de nous avoir reçu.
Il est évident que toute organisation de pilotes non favorable à ces mesures serait la bienvenue sur notre blog pour exprimer leurs arguments.
Alors bonne lecture et à vos commentaires ou emails (airump@gmail.com). Le débat est toujours ouvert.
Pour le pôle aérien UMP
Denis LAYREAU et Lionel TARDY.
DERNIERE MISE A JOUR :
POUR QUE LE DEBAT CONTRADICTOIRE AIT BIEN LIEU, NOUS DIFFUSONS A LA SUITE DE L'INTERVIEW DE PNT65 LE COMMUNIQUE DE PRESSE DU SYNDICAT AF-ALPA, SECTION AIR FRANCE DU SYNDICAT ALPA (SNPL + SPAC).
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L’Association PNT 65 a porté plainte le 7 juillet 2007 avec 93 pilotes auprès de la Commission Européenne.

En ligne de mire, un règlement français qui interdit aux pilotes français de voler après 60 ans, alors que l’Organisation de l’aviation civile internationale a mis le curseur à 65 ans.

Le 25 juillet dernier, le Syndicat français des compagnies aériennes autonomes s’est prononcé en faveur d’une prolongation de l’âge limite des pilotes pour voler.

Afin d’en savoir plus et d’approfondir le débat, AIRUMP, est allé à la rencontre de Jean Serrat représentant l’Association PNT 65.

INTERVIEW :

Mr Serrat, pouvez-vous en quelques lignes, vous présenter et présenter votre Association PNT 65.

J’ai 53 ans. J’ai fait tout d’abord de l’aviation d’affaire puis je suis entré à Air Limousin sur Nord 262. En 1987, je suis entré à Air inter sur Mercure puis Airbus 300. En décembre 1994, j’ai donné ma démission d’Air Inter qui se nommait à l’époque Air France Europe pour entrer à la compagnie Corsair et pouvoir ainsi faire du Long Courrier sur B 747, avion qui m’avait toujours fait rêver.

La création de l’Association PNT 65 remonte à début 2005. Le but de cette association est d’obtenir la liberté de pouvoir exercer le métier de pilote de ligne tout en choisissant son âge de cessation d’activité dans le respect du droit international et des Directives Européennes.

Il n’a jamais été question d’imposer un âge obligatoire  mais, bien au contraire, de permettre à ceux qui veulent s’arrêter avant 60 ans ou ceux qui veulent ou ont un impérieux besoin de poursuivre, sur la seule base du volontariat, au-delà de 60 ans, de pouvoir le faire.

Par exemple, à ce titre, nous sommes opposés à la volonté actuelle en matière de Caisse de Retraite des Navigants qui voudrait imposer un âge obligatoire de départ à 60 ans.

En effet, certains plaident pour un âge obligatoire à 60 ans en lieu et place de l’actuelle règle du couple « années de cotisation plus âge égal à 75 ». 

Il est demandé que notre retraite de navigant soit diminuée de 5% par année manquante pour atteindre et les 60 ans y compris, ce qui est un comble, dans le cas où vous seriez licencié pour raison économique.

Ceci voudrait dire que si vous avez le malheur d’être licencié à l’âge de 55 ans et même si vous avez cotisé plus de 30 ans, votre retraite serait diminuée de 25 % !

Pour nous, cela est inacceptable car nous voulons laisser la liberté à chacun de pouvoir partir avant 60 tout comme nous voulons permettre à tout un chacun de pouvoir poursuivre au-delà de 60 et améliorer ainsi sa propre retraite.

Je tiens à préciser à titre personnel que j’ai demandé ma perte de licence définitive pour raison médicale en avril dernier ce qui implique que je ne suis en aucun cas concerné individuellement par un départ après 60 ans comme cela a pu être parfois annoncé. L’engagement dans l’action de « PNT 65 » n’est dicté que par une très forte conviction.

Comment comptez-vous convaincre le Gouvernement, les partenaires sociaux et les salariés pour travailler jusqu’à 65 ans ?

Ce point doit être très clair ; nous n’avons jamais demandé à travailler jusqu’à 65 ans.

Je vais même être plus précis : « Si nous ne laissons pas la possibilité à ceux qui le désire de pouvoir poursuivre volontairement au-delà de 60 ans et ainsi améliorer les équilibres financiers de la Caisse de Retraite, nous serons, dans un avenir très proche, obligé de travailler au-delà de         60 ans ».

Que ceux qui en ce moment désirent s’arrêter à ou avant 60 ans réalisent bien que ce sont ceux qui cotiseront plus longtemps en lieu et place de recevoir une retraite qui leur offrira cette possibilité, cette liberté. En fait, en demandant la liberté de pouvoir aller au-delà de 60 ans,    « PNT 65 » se bat pour que ceux qui veulent cesser leur activité avant puissent le faire.

Pour convaincre, citons quelques chiffres très simples en :

-         1995 il y avait 3 cotisants pour 1 retraité.

-         2005 il y a 2 cotisants pour un retraité.

-         2015 il y aura 3 cotisants pour 2 retraités.

Egalement, parlons du Baby Boom.

Tout le monde connaît ce terme mais peu connaissent la réalité chiffrée.

Le Baby Boom va de 1947 à 1977 soit 30 ans. Rappelons que ceux qui sont nés en 47 ont 60 ans aujourd’hui ce qui implique qu’il reste 30 années à passer avec des départs massifs.

Je n’ajouterai pas l’augmentation de l’espérance de vie dans le débat.

Face à ces données chiffrées incontournables dois-je rappeler le dernier bilan financier de notre Caisse de retraite pour 2006 ?

Retraites payées 385 M€. Cotisations reçues 287 M€ soit 98 M€ de déficit.

Que faire ? Augmenter les cotisations alors que déjà la plupart des entreprises hors Air France sont dans une situation économique précaire pour ne pas dire plus ?

Diminuer les pensions alors que la majorité des pilotes se plaignent déjà d’un « taux de retour » insuffisant ?

Ou permettre à des pilotes de cotiser plus longtemps, sur la base du seul volontariat, ce qui repousserait mécaniquement l’âge statistique moyen de départ en retraite d’au moins 2 ans améliorant d’autant les réserves nécessaires à la pérennité de la Caisse  ?

Le Président de la République s’est adressé aux parlementaires de la majorité le 20 juin 2007.

Il a martelé ses principes d’action « Je vous propose de faire comme politique celle du travail. Libérer le travail, récompenser le travail ».

L’engagement de notre Président de la République est également confirmé par sa lettre de cadrage envoyée à Monsieur Xavier Bertrand, Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité en date du 1er août 2007 :  « Vous ferez de l’emploi des seniors une priorité. Vous ferez en sorte de prolonger l’activité des seniors qui le souhaitent. Vous lutterez contre toutes les formes de discriminations qui existent dans le monde professionnel ». Tout est dit.

Déjà en 2003, notre Premier Ministre, Monsieur François Fillon, s’est attaqué à la réforme du travail et au financement des régimes de retraite.

Le guide d’action de l’époque était déjà de permettre à ceux qui le voulaient de pouvoir travailler et donc cotiser plus longtemps.

« PNT 65 » ne propose rien d’autre que cela et de nombreux Députés et Sénateurs soutiennent notre combat. C’est pourquoi nous sommes certains de convaincre nos Ministères de Tutelle.

Au niveau syndical, la CFTC Transports est totalement solidaire de notre action et l’un des deux syndicats patronaux des compagnies aériennes, le SCARA, a écrit au 1er Ministre pour soutenir nos demandes. Egalement, des discussions avec l’UNAC et le SNPNC d’Air France laissent à penser que les mentalités changent.

Continuer de piloter entre 55 et 65 ans ? Utiliser ses compétences entre 60 et 65 ans pour former des jeunes ? Piloter au-delà de 65 ans.

Sur le premier point, je confirme qu’il na faut rien imposer.

Le vieillissement, l’état de santé, la fatigue voire l’engouement pour le métier est variable d’un individu à l’autre.

Certains ressentent le besoin d’arrêter avant l’âge de 60 ans et il faut, y compris pour un problème de sécurité, leur permettre de le faire.

A ce titre, je défends la position d’une retraite CRPN à taux plein à 60 ans quelque soit le nombre d’années de cotisation.

Par contre, comment justifier, si on est apte professionnellement et physiquement, le licenciement des seuls pilotes du Transport Public Français à 60 ans alors que les pilotes des Essais Réception ou ceux du Travail aérien ont leur limite à 65 ans ?

Comment accepter que le pilote Britannique, voire de nationalité Française, puisse faire Orly – Nice – Orly, c'est-à-dire du cabotage à l’intérieur de notre hexagone, sur un Airbus 320 d’Easy Jet,  alors qu’il est âgé de plus de 60 ans et que ceci est interdit au pilote du registre Français ?

En revanche, la norme internationale de 65 ans est suffisante et il paraît délicat de vouloir porter une limite plus haute voire supprimer toute limite.

Certains sont d’accord avec un cadre permettant de travailler jusqu’à 65 ans car la fatigue et les décalages horaires sont des facteurs usants et affectent la résistance en vol. Pour vous, quel serait le cadre idéal, Entreprise, Médecine du travail, autres ?

Cette question ne relève pas à mon sens de la limite d’âge mais plutôt des effets néfastes de notre système de rémunération.

En effet, nous sommes rémunérés avec le système  « Masse – Vitesse ». Ceci implique que plus l’avion est gros et lourd, plus on est payé cher. Les avions lourds sont ceux qui sont utilisés pour le Long Courrier. Les pilotes sont donc incités économiquement à aller sur des avions Long Courrier pour augmenter leur rémunération. Comme le choix du type d’avion se fait essentiellement via la liste de séniorité, se sont les plus âgés qui peuvent prétendre à ces postes.

En Grande Bretagne et dans les pays nordiques, la rémunération est basée sur le seul critère de l’ancienneté ce qui explique que de nombreux pilotes avancés en âge choisissent de travailler sur des avions court courriers avec une pénibilité moindre sans pour cela être pénalisés financièrement.

Compte tenu des rotations actuelles et des progrès en terme d’autonomie des avions on peut estimer que les vols très Long Courrier vont se multiplier.

Il serait donc judicieux au niveau syndical de remettre à plat notre système de rémunération afin d’ôter ce côté insidieux de notre système de rémunération  ce qui offrirait alors le véritable choix et la liberté en terme de carrière.

En terme de surveillance médicale, il est évident qu’un contrôle plus poussé doit être mis en place ce qui est déjà prévu dans la pratique et je rappelle à ce titre que notre pays dispose, via le Centre d’Expertise Médicale du PN, le CEMPN, d’un organisme médical ministériel indépendant ce qui est loin d’être le cas dans d’autres pays.

Cette indépendance médicale est un gage de sérieux, élément fondamental pour la sécurité. Il me paraît essentiel de préserver cette indépendance des services d’expertise médicale.

D’autres dénoncent la disproportion de productivité entre la Compagnie Privée nationale et les compagnies régionales françaises (qui pour la plupart sont leurs filiales) ou compagnies étrangères. L’Europe a-t-elle un rôle à jouer sur ce dossier ?

L’Europe est incontournable sur ce sujet.

Tout d’abord, c’est au niveau Européen que sont et seront décidées les normes d’utilisation des pilotes. Déjà, les normes JAR FTL qui définissent les limites en terme de repos, de travail ou de prise en compte du cycle biologique ainsi que des effets du décalage horaire ont été mises en place par la Commission Européenne et seront obligatoires dès l’été 2008.

L’EASA, organisme européen qui va remplacer notre DGAC, Direction Générale de l’Aviation Civile, est déjà en place à Francfort et ses compétences vont être augmentées dans les mois et les années qui viennent.

L’un des points essentiels qui sera au cœur du débat est la mise en place d’une concurrence saine avec des règles communes qui s’imposeront  à tous principalement en termes de productivité.

Conclusion.

Notre association PNT 65 a décidé de se battre contre la discrimination faite aux seuls pilotes français du transport public. Cette discrimination est une atteinte à la liberté et est contre productive.

Nous soutenons que chacun doit pouvoir choisir son âge de cessation d’activité dans les limites établies par l’OACI sans remettre en cause la liberté actuelle qui est offerte à ceux qui ont leurs annuités de pouvoir s’arrêter plus tôt.

Laisser ceux qui veulent travailler plus tard et donc cotiser plus longtemps n’est pas un caprice de nantis mais une absolue nécessité pour de nombreux pilotes dont, par exemple, ceux des hélicoptères du SAMU qui ne gagnent que 2000 euros par mois.

C’est également, pour ceux qui ont connu de longues années de chômage, l’unique opportunité de pouvoir atténuer les préjudices financiers subis.

J’espère avoir clarifié la position de notre Association, position qui pour de multiples raisons a été souvent caricaturée et je remercie tout particulièrement le site Air UMP de m’avoir donné la possibilité de m’exprimer.

Je reste à titre personnel ouvert à tous les internautes pour répondre à leur questions ou demandes de clarification.

                                                                                                          Jean SERRAT, jean.serrat@orange.fr

 

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE DU SYNDICAT AF-ALPA, SECTION AIR FRANCE DU SYNDICAT ALPA (SNPL + SPAC)

 

Les pilotes de ligne français, et notamment ceux d'Air France, restent très attachés à une cessation d'activité à 60 ans.

Une association constituée d’une petite centaine de pilotes français actifs ou retraités, et dénommée PNT 65, a décidé d’attaquer l’Etat français en déposant une plainte auprès de la Commission européenne. Son objectif est d’obtenir le déplafonnement de l’âge légal de cessation d’activité des pilotes de ligne français de 60 à 65 ans en arguant d’une discrimination à l’âge d’exercice du métier entre les différents pays de l’Union.

 

Cette association ne représente que les intérêts de ses quelques membres. Elle ne saurait être considérée comme représentative de la volonté de l’ensemble des 7000 pilotes de ligne français, et encore moins des 4000 pilotes d’Air France. Le message relayé par certains médias a pu malheureusement laisser croire le contraire et semer ainsi la confusion.

 

Air France ALPA, union syndicale du Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) et du Syndicat des Pilotes de l’Aviation Civile (SPAC) au sein de la compagnie Air France, qui représente 75% des pilotes d’Air France, réaffirme son attachement au maintien d’un âge de cessation d’activité à 60 ans. Attachement qui a été d’ailleurs confirmé récemment par 80% des pilotes d’Air France lors d’un référendum sur ce sujet.

A notre connaissance, toutes les autres organisations syndicales représentatives de la profession au sein d’Air France se sont exprimées dans le même sens.

 

La position défendue par « PNT 65 » et ses plaignants est donc ultra minoritaire chez les pilotes.

 

Si le conseil de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a en effet adopté le 10 mars 2006 un amendement qui fixe à 65 ans la limite d’âge supérieure pour exercer les fonctions de pilote commandant de bord, et sous réserve que le copilote soit d’ailleurs âgé de moins de 60 ans, cette recommandation ne s’impose en aucune mesure aux Etats membres. C’est pourquoi la France, par la voix de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), a pu signifier sa différence sur ce point, conservant comme d’autres pays une limite inférieure.

 

De son côté, l’Europe ne dispose d’aucune réglementation en la matière.

 

Sur le plan national, au-delà du positionnement des organisations syndicales, aucune organisation patronale n’a émis le souhait que la limite supérieure d’âge des pilotes français, fixée à 60 ans par la loi dans le Code de l’Aviation Civile, soit modifiée.  

 

Sur ce constat, le Directeur général de l’aviation civile, M Wachenheim, a rappelé dans un courrier du 2 janvier 2007 « qu’il n’entrait pas dans les intentions du Gouvernement de proposer au Parlement une modification de la législation nationale applicable aux PNT pour lesquels la limite d’âge supérieure restera fixée à 60 ans. »

 

Le candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy, a confirmé cette position, pendant la campagne, à l’association PNT 65 qui l’interpellait sur le sujet.

 

De surcroît, s’il existe effectivement des règlementations nationales disparates en Europe, les grandes compagnies aériennes européennes, sans exception aucune, mettent leurs pilotes à la retraite à 60 ans au plus tard. British Airways depuis peu à 60 ans, KLM à 58 ans, Lufthansa, Iberia et Alitalia à 60 ans, même quand leur réglementation nationale leur permettrait de les garder jusqu’à 65 ans. Ce n’est sûrement pas par philanthropisme.

 

La mission qui est confiée aux pilotes est complexe, sérieuse et physiquement exigeante. Au cours de chacun de leurs vols, les hommes et les femmes pilotes de ligne ont la responsabilité d’une mission engageant des centaines de vies humaines et des dizaines de millions d’euros.

 

Pour que cette mission s’exerce en toute sécurité, elle repose sur un ensemble complet de règles d’utilisation des équipages : nombres d’heures de vol maximum, repos minimum,  nombre de jours d’activité, prise en compte de la pénibilité des vols de nuit, des levers tôts, des nombreux fuseaux horaires traversés etc. L’âge de cessation d’activité est un de ces éléments.

 

Car, si les compétences professionnelles des pilotes sont vérifiées plusieurs fois par an, comme leurs aptitudes physiques et mentales, ces tests ne sont pas capables de déceler les subtiles et incontestables baisses de performance des individus dues à l’âge.

Et si l’expérience était en mesure de compenser ces dégradations, l’âge de mise à la retraite des pilotes, comme de toute profession, ne devrait logiquement avoir aucune limite !

 

Rappelons que les pilotes de ligne se protègent tous contre une perte de licence pour raison médicale par des couvertures assurantielles et que 90% des pertes de licence touchent des pilotes après 50 ans. Le principe de précaution et de la sécurité des vols, partagé par tous les grands transporteurs, veut donc que l’âge des pilotes soit limité.

 

D’autre part, si l’espérance de vie augmente, personne ne sait mesurer sur le long terme l’impact de cadences de travail qui ont considérablement augmenté depuis quelques années  ou l’impact de l’avènement des vols ultra longs qui se préparent avec l’arrivée de nouveaux avions.

 

Enfin, la santé des régimes de retraite n’est nullement fragilisée par un âge de cessation d’activité des pilotes à 60 ans. En effet, les pilotes travaillent statistiquement une année de plus que la moyenne des Français.

 

AF-ALPA refuse que la sécurité des passagers et des équipages et que la pénibilité du métier de pilote de ligne soient remises en question du fait de quelques apprentis sorciers, fussent-ils pilotes, syndicalistes ou politiciens.

 

Sous couvert d’arguments aussi fallacieux que le respect des droits de l’homme ou la santé des régimes de retraite, la demande exprimée par une petite centaine de pilotes ne se justifie finalement que par l’écart considérable de rémunération qui existe chez les pilotes de ligne entre la période d’activité et la retraite ou par l’écart de considération entre le statut du pilote de ligne commandant de bord et celui du citoyen retraité.

 

N’oublions pas également que nombre de plaignants, président de l’association PNT 65 en tête, se battaient au moment où leurs carrières étaient bloquées du fait de la récession, pour la mise en place de la règle des 60 ans.

Quand on mesure l’impact d’un déplafonnement sur les embauches de jeunes pilotes et sur  la carrière des pilotes de ligne en exercice, on comprend mieux que la seule motivation de leur demande est individuelle, sonnante et trébuchante…

 

La sécurité aérienne et donc l’intérêt collectif n’ont pas de prix. On s’en rend malheureusement compte souvent trop tard…